Mercredi 18 avril 2012
3
18
/04
/Avr
/2012
10:42
sondages
le baromètre politique
BVA ORANGE RTL SPQR
Barometre du 17 avril 2012
Sarkozy et Hollande au coude à coude au premier tour
Sarkozy et Hollande au coude à coude au premier tour et très loin de leurs poursuivants. L'avance de Hollande se réduit.
Casse-tête infernal pour les sondeurs au premier tour de l'élection présidentielle. Nous ne serons probablement pas capables de déterminer avec " certitude " les rangs d'arrivées au soir du 22
avril.
Si les noms des deux finalistes ne faisaient plus guère de doute depuis des mois, ils se confirment plus que jamais à cinq jours du scrutin, rendant statistiquement impossible un 21 avril " bis "
ou " à l'envers ". Le second - Nicolas Sarkozy - se situe en effet à 13,5 points du troisième - Marine Le Pen - soit, à la fois bien au-delà des marges d'erreur statistique et des possibilités
d'évolutions dans les jours à venir.
Les " matchs " pour la première comme pour la troisième place sont en revanche plus que jamais indécis.
L'écart entre Hollande et Sarkozy - 2 points - se situe plus encore que la semaine dernière dans les marges d'erreur statistiques, tout comme celui existant entre Le Pen, Mélenchon et désormais
Bayrou - 2 points aussi avec des scores compris entre 12% et 14% entre ces trois candidats.
Effet des meetings de ce week-end, ou rééquilibrage au sein des grandes familles de gauche et de droite ? Toujours est-il que Nicolas Sarkozy progresse légèrement (+0,5 point) à 27,5% aux dépens
de Marine Le Pen (-1 point) qui retombe sous la barre des 15% (14%). A gauche, Hollande enregistre un léger recul après sa poussée de la semaine dernière (-0,5 point après avoir gagné 2 points la
semaine dernière), mais devance toujours Nicolas Sarkozy avec 29,5% contre 27,5% au Président sortant.
Ses camarades et concurrents, Mélenchon et Joly sont stables avec respectivement 13% et 2% d'intentions de vote. Bayrou, après avoir beaucoup et continûment baissé ces dernières semaines remonte
(+1 point) pour la première fois.
Alors qu'il était sorti du match pour la place de troisième homme, il y postule de nouveau, même s'il reste le moins bien placé : avec 12% il revient à 1 point de Mélenchon et à 2 points de
Marine Le Pen.
Longtemps cantonné à un " électorat " peu populaire, Jean-Luc Mélenchon a réussi à devenir le candidat recueillant le plus d'intentions de vote des ouvriers.
Symboliquement (nous sommes dans les marges d'erreur statistiques), il devance respectivement Marine Le Pen et François Hollande auprès d'eux avec 28% contre 26% et 21% des intentions de vote.
Nicolas Sarkozy, lui, peine décidément à être crédible en candidat du peuple face aux élites : il ne recueille que 16% des intentions de vote des ouvriers.
On le sait bien, la vraie clé du premier tour, n'est pas tant le nom du vainqueur au finish, que le niveau du rapport gauche-droite global.
De ce point de vue, les choses n'ont guère changé. Avec 45,5% d'intentions de vote pour l'ensemble des candidats de gauche contre 42,5% en faveur de la droite, le candidat socialiste dispose de
réserves considérables pour le second tour.
Ce niveau se situe 10 points au-dessus de celui de 2007 et est encore meilleur que le rapport observé en 1988 lors de l'élection très large (54% contre 46% au second tour) de François Mitterrand
face à Jacques Chirac. A l'époque, le rapport était de 45% à gauche contre 51% à droite.
L'enjeu pour Nicolas Sarkozy au premier tour est donc, non seulement d'améliorer son score personnel, mais aussi que le total gauche dans son ensemble se dégrade sensiblement.
Hollande est toujours largement en tête au second tour avec 56% des intentions de vote contre 44% à Nicolas Sarkozy. Ce rapport est le même qu'il y a deux mois lors de l'entrée officielle en
campagne du Président.
56% contre 44%, telle est l'avance spectaculaire de François Hollande sur Nicolas Sarkozy mesurée à seulement trois semaines du second tour et à quelques jours du premier.
Surtout, cette avance souligne qu'il n'existe aucune " dynamique Sarkozy "en deux mois de campagne active.
Ce rapport de 56/44 était déjà celui que nous mesurions au lendemain de l'annonce officielle de candidature de Nicolas Sarkozy mi-février.
Deux explications à cela :
- d'une part, si l'écart Hollande-Sarkozy au premier tour s'est nettement réduit en faveur de Sarkozy, passant de 5 points à 2 points (essentiellement à cause de la baisse de Hollande), le
rapport global gauche-droite, lui, s'est amélioré pour la gauche, grâce à la poussée de Mélenchon, passant de 43/44 mi-février à 45,5/42,5 mi-avril.
- d'autre part, la campagne de droite " décomplexée " ou " au peuple " menée par Nicolas Sarkozy ne lui a guère permis d'améliorer son score de premier tour (+1,5 points par rapport à
mi-février). Elle a largement détérioré au second tour ses reports des électeurs " Bayrouistes " de premier tour (report chutant de 37% à 25% sur Sarkozy au second tour) alors même que les
reports de voix des électeurs de Marine Le Pen ne permettent pas de compenser cette dégradation (passés de 44% à 54% en faveur de Sarkozy).
La stratégie consistant à obtenir un appui du candidat du MoDem, la seule qui pourrait donner une chance à Nicolas Sarkozy de refaire son retard sur François Hollande, se trouve compliquée par
ces points perdus auprès de l'électorat MoDem.
Si Bayrou en avait l'envie, il lui serait sans doute très compliqué de faire basculer ces électeurs qui sont désormais 61% contre 39% -parmi les exprimés- à choisir Hollande plutôt que Sarkozy au
second tour. C'est d'autant plus dommage pour le Président sortant qu'ils étaient 52% contre 48% à le choisir plutôt qu'Hollande au tout début de sa campagne.
GAEL SLIMAN - Directeur Général Adjoint de BVA
Les intentions de vote sont établies auprès de 1 161 personnes inscrites sur les listes électorales. La représentativité de l'échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux
variables suivantes : sexe, âge, profession du chef de famille et profession de l'interviewé après stratification par région et catégorie d'agglomération.